Pour sa troisième saison, la Pinacothèque de Paris s’associe avec le Rijksmuseum d’Amsterdam pour présenter l’une des périodes les plus intéressantes de l’histoire de l’art : le XVIIe siècle hollandais.
Cette époque a donné naissance à quelques uns des artistes les plus célèbres de tous les temps et surtout à celui qui reste l’une des références absolues pour tout artiste depuis près de quatre siècles : Rembrandt.
L’exposition présentera un ensemble exceptionnel de plus de cent trente pièces dont une soixantaine de tableaux, une trentaine d’œuvres graphiques (dessins et aquarelles), une dizaine de gravures ainsi qu’une dizaine d’objets pour illustrer de manière très représentative la période (tapisseries, faïences, miniatures en bois, argenterie et verrerie).

La puissance commerciale maritime est vite associée à cette puissance de savoir. La force du commerce se développe grâce à la vitesse des navires qui commercent en mer Baltique. Amsterdam devient rapidement une puissance commerciale hégémonique surpassant de loin toutes les autres puissances européennes. Amsterdam est ainsi l’une des places économiques les plus importantes pour l’industrie, le commerce et l’art. C’est donc assez naturellement que la jeune république devint également un centre où s’épanouit la culture dans le sens le plus large, aussi bien dans le domaine des lettres que des arts.
L’une des premières caractéristiques de cette région fut le développement d’un nouveau type de mécènes. Il ne s’agissait plus de riches familles aristocratiques, comme partout ailleurs en Europe, mais de négociants enrichis du récent commerce maritime. Issue de familles patriciennes, cette classe moyenne devint la principale commanditaire d’œuvres. Puis tous ceux qui s’enrichissaient, devenaient à leur tour des commanditaires pour des œuvres, créant une forme de compétition entre les corps de métiers et les familles patriciennes, chacun éprouvant la nécessité de faire valoir sa réussite sociale et son ascension économique ainsi que son changement de statut. La région devint ainsi le pôle culturel majeur où pouvait se développer des ateliers d’artisans et d’artistes. L’art et la culture constituèrent une nouvelle forme de prospérité économique et industrielle. Une surenchère sur les sujets fut une des conséquences.
Chaque année, de nouveaux peintres apparaissaient, apportant des thèmes nouveaux ou des sujets inédits.

Une génération d’une richesse sans précédent dans l’histoire des arts vit le jour, que l’on retrouvera seulement à Paris à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Des peintres acquirent eux aussi une spécialité dans un domaine très précis : la nature morte ou la vanité avec Willem Claesz Heda et Pieter Claesz ; le paysage avec Jan van Goyen, Jacob van Ruysdael ou encore Meindert Hobbema. Jan Steen ou Adriaen van Ostade illustrent la satire villageoise tandis que Gerard ter Borch et Pieter de Hooch s’adonnent à la comédie de mœurs et aux scènes de genre dont font partie les fêtes paysannes. Emanuel de Witte et Pieter Jansz Saenredam se spécialisèrent dans la peinture de monuments,Thomas de Keyser et Frans Hals devinrent les spécialistes du portrait et Paulus Potter celui des animaux.
Doivent être mises à part des individualités comme Vermeer ou Rembrandt qui finalement ne sont pas très représentatifs de cette époque. Ils en sont pourtant devenus les symboles. À la différence des autres artistes, ils s’intéressèrent à plusieurs genres et refusèrent toute spécialisation. Ils demeurèrent l’un et l’autre des modèles absolus, hors du temps et de toute époque, considérés depuis quatre siècles comme les peintres majeurs de l’histoire de l’art.
Cette exposition souhaite avant tout mettre en valeur le rôle singulier de Rembrandt : artiste le plus influent de cette époque. Rembrandt eut une notoriété qui lui conféra un statut très particulier et en fit le modèle de cette période par sa tolérance, sa modernité, son réalisme poétique et sa puissance émotionnelle traduite principalement par son usage de la lumière. Maître du clair-obscur, Rembrandt apporte à ses modèles, simples portraits ou scènes religieuses, une dimension, une densité, une beauté humaine inégalée qui font de lui le précurseur de la modernité, un analyste de l’âme et des consciences avec trois siècles d’avance sur ses contemporains.
Direction artistique : Marc Restellini
Commissaire de l’exposition : Ruud Priem
Directeur de la Pinacothèque de Paris: Marc Restellini
Pinacothèque de Paris.






